Le fair-play financier, c'est quoi ?

Critiqué ou félicité, le fair-play financier a beaucoup fait parler dans les médias ces derniers temps. Mais quel est précisément sa fonction ? Réponse détaillée et claire.  

Avant, pendant le mercato les clubs pouvaient dépenser des sommes d'argent astronomiques y compris l'argent qu'ils n'avaient pas. Cela favorisait les déficits et les dettes.  En conséquence, les pertes des clubs européens ont augmenté jusqu'à atteindre en 2010 un montant record de 1,6 milliard d'euros. Ce sont toutes ces pertes qui ont poussé l'UEFA, dirigé par Michel Platini, à réagir et à instaurer ce fameux fair-play financier dont tout le monde parle. Mais qu’est-ce donc au juste ? Le fair-play financier est une règle qui interdit aux clubs de dépenser l’argent qu’ils n’ont pas. Ils seront autorisés à dépenser uniquement l’argent perçu grâce aux produits du club vendus (maillot, short, etc…), les sponsors, les droits TV, la billetterie ainsi que la vente de joueurs et l’argent gagné en jouant des compétitions comme la Ligue des Champions. Actuellement, les structures les plus riches s'endettent, surenchérissent pour s'attacher les services des plus grands joueurs, et gagnent ainsi des titres. Ce qui attire les meilleurs joueurs, pour des prix toujours plus hauts, et ainsi de suite... L'objectif affiché par l'UEFA est clair : assainir les comptes des clubs plongés au cœur de ce cercle vicieux. 

Porté par Michel Platini, le projet de fair-play financier vise donc à "garantir la stabilité à long terme du football" en instaurant une discipline budgétaire et en rendant plus saines les finances des clubs. En Espagne, certains joueurs n'ont pas reçu de salaire pendant presque un an, car leurs clubs étaient trop endettés. Avec le fair-play financier, tous les clubs devront donc équilibrer leurs comptes, et seront placés sous la surveillance de l'instance européenne. En clair, ils n'auront pas le droit de dépenser plus que ce qu'ils ne gagnent. 

 

Des grands clubs dans le pétrin  


La première vérification du fair-play financier, qui commencera en 2013, ne passera en revue que les deux exercices précédents (soit 2011 et 2012). Cet examen pluriannuel autorise ainsi théoriquement une, voire deux années, dans le rouge pourvu que l'équilibre soit au rendez-vous sur l'ensemble de la période. Le panel se basera sur quatre critères : la possibilité financière pour le club de poursuivre son activité, l'absence de fonds propres négatifs, l'équilibre financier et l'absence de dettes envers d'autres clubs, des joueurs ou le fisc. 


Si un club ne remplit pas un de ces critères, il devra fournir un rapport détaillant les mesures prévues pour y remédier. On lui demandera également de fournir des explications si la masse salariale dépasse 70% de son budget ou si sa dette est supérieure à son chiffre d'affaires. Un déficit de 5 millions d’euros sur 3 ans sera toléré mais il est important de noter que les deux premiers contrôles prévus pour 2013 et 2014 accepteront un déficit de 45 millions d’euros.  Cette tolérance sera réduite à 30 millions lors des trois années suivantes. Il reste encore à décider ce qui sera autorisé à partir de 2018. Et oui, l’UEFA est consciente de la difficulté de la tâche pour certains clubs tels que Manchester City ou le Real Madrid. A vrai dire, l’UEFA s'est livrée à une simulation du fair-play financier pour les années 2008, 2009 et 2010.

Le résultat est sans appel : à peine 44% des clubs européens respectent les quatre critères. Il faut également savoir que l’argent dépensé dans le centre de formation est de l’argent gagné. Par exemple si un club a perdu 5€ en 1 saison mais en a dépensé 20€ pour ses jeunes, l’UEFA dira que ce club a gagné 15€.  

 

Des sanctions radicales  


Etudions maintenant un cas de figure, qui a été le feuilleton du mercato estival. Vous l’aurez donc compris, il s’agit du transfert de Gareth Bale qui avoisinerait les 91 millions d’euros. Pourquoi ce transfert n’est pas un problème pour le fair-play financier alors que le Real Madrid est endetté pour plus de 500 millions d’euros ? C’est là qu’il faut revoir ses leçons d’économie ! En effet, il ne faut pas confondre déficit et endettement comme l’explique Bastien Drut, économiste du sport : "L’endettement du Real importe peu pour le fair-play financier. La variable clé, c’est le déficit. Or, le Real n’a plus de déficit depuis quelques saisons". Ce transfert représente donc un investissement, très risqué, certes mais qui pourrait être rentabilisé avec les titres remportés cette saison et la vente de maillots qui représente une recette très importante dans l’économie du club de Florentino Pérez. Cependant le Real Madrid a intérêt à ne rien avoir à se reprocher lors du prochain contrôle de l’UEFA, au risque d’être sanctionné.  


Les sanctions justement ! Quelles sanctions sont prévues pour les clubs qui ne respectent pas ce fairplay financier ? Les clubs qui ne respecteraient pas ces règles pourront être privés de Coupe d’Europe comme Malaga ou alors écoper d’amendes. Mais ces règles ne sont pas encore très bien définies.   

 

 

 


 

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