Hommage à Trifon Ivanov

Hommage à Trifon Ivanov

Trifon Ivanov nous a quitté le samedi 13 février 2016. Il a succombé dans une froide matinée à Samovodene, au cœur de la Bulgarie rurale. 

Ivanov a laissé sept millions de Bulgares orphelins. Et pas que. Dans ce petit pays au bord de la mer Noire, il était devenu une icône. Les médias ne parlent plus que de lui ; le pays est en quelques sortes en période de deuil national. 

Trifon Ivanov, c'était ces coupes de cheveux particulières, ce regard perçant et paraissant désintéressé, ce cuissard sous le short et surtout un défenseur comme le pays n'en a jamais connu. "Le loup" comme il était surnommé n'était donc pas un mannequin. 1,81 mètre, 80 kilos, une barbe imposante mal taillée ; voilà qui vous situe le bonhomme. D'ailleurs, personne ne lui reprochait. Trifon n'hésitait pas à marcher sur les chevilles, à aller au contact, à la limite de la faute. Il était un cauchemar pour les attaquants. 

Trifon Ivanov, c'était trois championnats de Bulgarie avec le CSKA Sofia, un championnat d'Autriche avec le Rapid Vienne mais une carrière toutefois modeste. En club en tous cas. Car c'est en sélection que "le loup" montrait les crocs. Il était incontestable et incontesté à son poste de libéro. Durant 10 ans et 76 sélections, il aura fait partie de cette équipe de Bulgarie légendaire. 

Cette sélection décomplexée à l'image du football des années 1990 hante encore les souvenirs de tous ceux qui étaient devant leur téléviseur un soir de novembre 1993. Une qualification pour la Coupe du Monde 1994 inespérée et acquise au bout du temps additionnel. Cette sélection qui avait battu aux États-Unis l'Argentine, le Mexique et l'Allemagne avant d'échouer aux portes de la finale. Cette sélection encore qui n'avait peur de rien et qui enchaînait les exploits. Comme le 10 septembre 1997 où d'une tête, Trifon Ivanov élimina la Russie et envoya la Bulgarie au Mondial 98. 

Pour ce geste, cette action, il est toujours célébré comme un héros en son pays. Les "da da da da" du commentateur bulgare de l'époque, équivalents du "après avoir vu ça, on peut mourir tranquille" français résonnent dans toutes les mémoires. Le décès d'Ivanov, c'est avant tout celui d'une icône. Et les icônes sont immortelles. Merci Trifon


Arthur Massot
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